Bien que ne servant plus qu’à la réalisation de 3 % des transactions, le chèque dont l’avenir s’était vu quelque peu remis en question par le Conseil des Paiements Britannique vient toutefois de retrouver, semble-t-il, un nouveau souffle, cette même institution ayant, quelques temps plus tard, changé son fusil d’épaule, affirmant que les « chèques resteront tant que les clients en auront besoin », l’annonce précédente ayant, en effet, suscité un fort mécontentement de la part des usagers, et de certaines organisations caritatives, qui craignaient qu’une telle initiative ne pénalise encore davantage les populations les plus défavorisées.

En France, si Christine Lagarde s’était, elle aussi, il y a un an, lors de la consultation du rapport Pauget-Constans, penchée sur la question du « remplacement progressif à moyen terme du chèque », par un système de virement électronique, auquel celle-ci semblait être alors tout à fait favorable, ce sujet paraît ici aussi temporairement clos, cette haute responsable ayant indiqué, dès le mois de mars suivant, que « la suppression du chèque n’est pas une option aujourd’hui », tout en demandant qu’une nouvelle étude autour de ce thème soit réalisée, révélant alors que, bien que de moins en moins sollicité, le chèque reste un moyen de paiement très utile aux Français.

Avec 3,3 milliards de documents émis, pour la seule année 2009, représentant une moyenne de 51 chèques par habitant, et une transaction sur cinq, les Français restent, pour l’Europe, les plus gros consommateurs de ce moyen de paiement. Ce succès est, sans doute, dû à la gratuité de celui-ci, dans le même temps où les nouvelles solutions mises en place, à l’image du paiement électronique entre particuliers, par PayPal, par exemple, impliquent un surcoût. L’autre avantage le plus fréquemment cité consiste dans le fait que le chèque permet de garder le contrôle sur ses finances, contrairement aux prélèvements notamment, lui conférant donc un atout indéniable, faisant oublier le ralentissement qu’il cause lors du passage en caisse, principal reproche qui lui est fait aujourd’hui.

Loin d’avoir trouvé une réponse satisfaisante à cette question, celle-ci risque encore de susciter de nombreux changements, pouvant amener, pourquoi pas, à l’élaboration d’un nouveau moyen de paiement, destiné alors à remplacer ce fameux chèque.